Réalisateur : Hideo NAGATA
Année : 1998 / Japonais / 1h36mn
Genre : Fantastique

Acteurs :Nanako MATSUSHIMA, Miki NAKATANI, Hiroyuki SANADA

Histoire

Parmi des adolescents nippons circule une mystérieuse cassette vidéo déclenchant à son visionnage une étrange malédiction...

Avis de Juno Skyne

Voici un des plus grands boums du cinéma d'horreur japonais. Carton au box-office local, Ring a ceci de très appréciable qu'il prend grand soin de ne jamais tomber dans les excès: jamais de gore, pas un gramme d'effets spéciaux. Tout ici est dans la plus stricte suggestion. Ce qui constitue à la fois pour le film un avantage et un inconvénient. Le sujet joue la carte très porteuse (cf. Les Âmes perdues) de l'étrangeté: parmi des adolescents nippons circule une mystérieuse cassette vidéo, dont l'origine est a priori inconnue. Son contenu: des images neigeuses, aussi anodines qu'inintéressantes. Une jeune femme qui se coiffe devant son miroir; un puits filmé dans la forêt; un homme, dont la tête semble recouverte d'un sweat-shirt (sic!), pointant son doigt vers une vague direction... Le tout est un assemblage d'éléments hétéroclites aussi dénué de cohérence qu'une rediffusion de "Loft Story" à 1h du matin (pas plus qu'à une autre heure, d'ailleurs). Le hic, c'est que juste après le visionnage de la cassette par l'adolescent, le téléphone sonne. Personne au bout du fil. Une semaine après, le malheureux ou la malheureuse décède d'une crise cardiaque sans explication rationnelle.
Plusieurs teenagers ont déjà fait les frais de ce système. Heureusement, une jolie journaliste et son ex, un prof d'université, sont déterminés à résoudre le mystère, immédiatement qui plus est car tous deux, et leur petit garçon aussi, ont regardé la cassette maudite. Ce qui est idiot dans cette histoire, c'est que ce compte à rebours si astucieusement placé par Hideo Nagata est incompréhensiblement desservi par un scénario manquant cruellement de rythme, surtout dans sa première partie: on a beau nous dire que la société japonaise est une société de consommation ultra-moderniste, ultra-pressée et ultra-violente, on ne comprend pas dans ce cas pourquoi les (jolis) interprètes se croient obligés d'espacer chaque ligne de leurs dialogues de dix secondes minimum, se complaisant dans une sorte de méditation apesantie peu adéquate. Heureusement, la suite dynamise un peu le tout, un peu grâce à l'interprétation, beaucoup grâce au jeu des atmosphères (l'île déserte déchirée par la tempête ou la menace sourde des appartements silencieux), qui se veulent angoissantes à l'extrême et qui, et c'est tant mieux, le sont réellement. Autre perspective intéressante du film: celle du rapport entre moyen de communication moderne (la vidéo), MacGuffin maléfique et sournois; et légendes ancestrales macabrement bizarroïdes, certes inquiétantes par bien des aspects mais, finalement, assez naïves. Le fin mot de l'histoire étant presque comique, puisqu'il s'agit d'une affaire de famille entre une sorcière medium, son amant et leur ectoplasme de fille! Certains trouveront la chose grotesque, d'autres y resteront totalement indifférents, d'autres encore, et sans doute les plus nombreux, en sortiront terrifiés et probablement pour longtemps.

En deux mots: une curiosité japonaise à succès bien sympathique, très dépouillée stylistiquement mais assez efficace au niveau des sueurs froides. Bonne nouvelle: les Américains se sont déjà officiellement engagés à la massacrer en règle via un remake. On n'a rien sans rien.

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