Réalisateur :Jeanne LABRUNE
Année : 2000 / Francais / 1h50mn
Genre : Comédie

Acteurs : Jean-Pierre DAROUSSIN, Nathalie BAYE, Isabelle CARRE

Histoire

L'achat d'un rouleau de plastique met en évidence les différentes relations d'un groupe de personnes...

Avis d'Alexandre

Film démodé dans l'air du temps, "Ca ira mieux demain" est un film convenu réalisé sans aucune imagination qui se veut dans l'esprit de "Smoking/No Smoking" d'Alain Resnais et "Le Goût des Autres" d'Agnès Jaoui. Cette fantaisie de Jeanne Labrune (scénariste sur "Vatel" et réalisatrice de quelques long-métrages) vaut par une ou deux répliques amusantes, mais hélas les situations sont tellement déjà vues qu'on ne peut que regretter le manque d'inspiration et d'ambition de son auteur. Toutes les scènes se passent soit 1) dans des cafés parisiens soit 2) dans des appartements blancs bourgeois 3) dans des théâtres et répétitions de musique 4) soit au lit. On se croirait dans un sitcom à la française. Il commence à être irritant d'être baladé toujours et encore dans tous ces endroits clichés d'un certain cinéma propre et sans risque. On se demande quand un cinéaste se décidera à chercher des vrais "lieux", singuliers, au lieu de nous assommer avec les redites et les mêmes décors. Un peu d'audace !
Qui plus est, je m'inquiète sérieusement sur ce cinéma de femmes toujours incapables, dans la grande majorité des cas (il y a des exceptions heureusement) de parler d'autres choses que des relations sentimentales sans apporter concrètement de vraies idées de mise en scène, sans chercher à renouveler un langage audiovisuel et la place du spectateur. Mais le plus grave avec ce film, ou ce téléfilm, c'est que sa cinéaste se revendique féministe alors qu'elle dresse le portrait complaisant de femmes toutes passionnées d'histoires de rideaux et de commodes, et ce pendant tout le film. Ignorantes des réalités sociales, politiques, que sais-je. Quelle image de la femme, bravo Labrune ! Quelle peinture rétrograde. Faire une fantaisie d'accord, mais pas un assassinat de presque un siècle de féminisme.
J'ai cru même parfois qu'il s'agissait d'ironie, je croyais en toute humanité que cette bluette se moquait d'une certaine vision de la femme, mais en avançant dans le film, on se rend compte que non. Trop de complaisance, trop d'auto satisfaction. Pas de points de vues nouveaux. Le néant. Et pire, en discutant longuement avec cette pseudo cinéaste, on se rend compte que non seulement elle ne connaît rien au cadrage, au montage ou à la mise en scène, mais en plus qu'elle ne comprend pas que son film puisse être raté, cliché et réducteur. J'avoue qu'un tel niveau d'incompréhension du monde et du cinéma est à couper le souffle. Et je demande donc solennellement à des cinéastes fortes comme Varda, Campion, Merlet ou Ferran de revenir vite rappeler ce que signifient l'originalité et le courage au cinéma. Car hier soir j'ai été franchement inquiet pour le cinéma des femmes et le cinéma dans son ensemble.

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